Notre histoire, 
du défi au modèle

L'histoire de la Ferme de Forgues

En 2015, Christophe et Pauline ont fait le pari de créer une exploitation maraîchère bio en Ariège. Partir de zéro, avec la volonté de nourrir les gens sainement.

Pauline vous raconte comment ils ont construit une ferme viable et reconnue pour la qualité de ses légumes.

Photo Marc et des Vaches
Photo maison familiale de l’époque

Des terres de famille, 
une histoire à écrire

Il y a une quarantaine d'années, les parents de Christophe s’installent à Forgues, hameau de Loubens. A l’époque, la ferme est en conventionnel et en triste état : pas d’arbres, pas de haies et une terre malade à cause des produits chimiques dans le sol.

Marc Delangre amène quelques vaches depuis le Var pour créer un élevage bovin et passe toutes les terres en agriculture biologique. Un travail de longue haleine pour régénérer le sol. 

Le résultat ? Un sol polyvalent et fertile grâce à ce passé en élevage, propice au maraîchage.

L'exposition nord questionne mais pose problème seulement en hiver par manque d'ensoleillement, certains légumes mettent plus de temps à pousser. Le potentiel est là.

Le terrain en pente est aussi un défi, la mécanisation demande beaucoup d’adaptations comparé à une exploitation classique.

L'enjeu de l'eau

Dès le début, l'eau est une préoccupation majeure. Le réseau public est trop limité pour une exploitation maraîchère. Aussi, aucune rivière ne coule à proximité. En 2015 et 2016, deux forages à 30 mètres de profondeur n'ont rien donné.

Face à cette impasse, il faut trouver une autre solution. En 2018, en plein hiver dans la gadoue, on creuse un premier lac de retenue. 

L’objectif : que les eaux de pluies ruissellent sur le terrain pentu et se déversent dans cette retenue. C'est le début d'une autonomie en eau qui sera décisive pour l'avenir de la ferme.

2015 : le début de l’aventure

Tout commence avec la création d’une exploitation maraîchère.

De l’élevage au maraîchage

Christophe connaissait bien l'élevage, c'est un métier chronophage avec son lot de difficultés pour en vivre. Mais il avait envie d'entreprendre, de créer une entreprise avec des salariés, de ne pas être seul. De mon côté, avec le même rêve, je ne voulais pas faire d'élevage.

Pendant nos études, nous découvrons le maraîchage à Angers, une terre de maraîchage par excellence. C'est le déclic !

Le parcours de formation

Christophe suit un DUT compta GEA, puis un BTS aménagement paysagé. C'est ensuite une Licence en Agriculture biologique et développement en alternance à la ferme qui lui permet de démarrer l'exploitation.

Je fais un BTS horticole, puis un stage d'installation jeune agriculteur chez Pascal Gautier à Bonnac, qui deviendra un mentor précieux.

Les débuts : modeste mais déterminé

2014 (An 1) : 0,5 hectare cultivé, 3 serres.

2015 (An 2) : création du GAEC de Forgues, passage à 2 hectares, 8 serres + une serre à plants.

Tous les ans ensuite, on gagne plus ou moins un demi hectare. Une croissance lente et régulière.

Photo installation

Les premières cultures

Dès le départ, nous avons la volonté d'être diversifié : pommes de terre, choux, tomates, haricots verts, poivrons, aubergines. 

Christophe et moi n'avions pas d'expérience professionnelle en maraîchage, mais nous avons fait beaucoup de visites d'exploitations et nous sommes inspirés chez d'autres maraîchers, notamment à Rodez, Angers et en Provence. Cela a permis de voir les points forts et faibles de chaque exploitation et d’en créer une à notre image.

Nous suivons et apprennons des méthodes d'agriculture bio productive auprès de mentors comme Pascal Gautier et Franck Kroonen.

Tout est à construire
Zéro infrastructure maraîchère sur place au départ
Tout à installer : tunnels, irrigation, outils
Comment tirer profit d’un sol riche en pente

Pas de place sur les marchés ariégeois

Impossible de trouver des places sur les marchés locaux. Nous nous tournons donc vers la vente aux professionnels : magasins bio, distributeurs, plateformes.

Ce qui aurait pu être un handicap devient une stratégie : on construit des relations durables avec des professionnels plutôt que de dépendre de la vente directe sur les marchés.

Une croissance rapide : 

le premier salarié dès 2015

La première année de création du GAEC, on embauche Jonathan sur un poste d'ouvrier maraîcher. En 2016, une apprentie rejoint l'équipe.

La charge de travail augmente avec la demande de légumes. En Ariège elle est importante et nous souhaitons y répondre.

Ils ont cru en nous au départ

Photo des rolls chargés avec les étiquettes

Quand on démarre en maraîchage, on n'a pas de réputation. Pas d'historique. Pas de preuves. Juste la volonté de bien faire et des légumes qu'on espère bons.

Il faut des professionnels qui acceptent de prendre le risque de travailler avec un nouveau producteur. Qui testent vos légumes, vous font des retours, vous aident à progresser. Qui vous référencent même quand vos volumes sont encore petits.

Nos premiers partenaires, c'est grâce à eux qu'on est là aujourd'hui :

Intermarché La Cavalerie à Pamiers – Toujours client aujourd'hui, ils ont cru en nous dès le début
Biomaiel (Biocoop Pamiers) – Fermé depuis, mais parmi nos premiers soutiens
Bioforme à Foix – Toujours partenaire, une relation de longue date
Biocoop Mirabelle – Fermé à l'été 2025, mais ils nous ont accompagnés pendant des années
Nathalie De Smidt – Une véritable partenaire sur qui on peut compter
Patchwork Café à Foix – Fermé aujourd'hui, mais ils ont fait partie de l'aventure
SCIC Terroirs d'Ariège – Toujours client, un partenaire historique

Les premières années : tout à apprendre

Au début, on lavait les légumes dans une baignoire en plein vent ! Les mains gelées pour remuer les carottes dans une eau à 3°, c'était rude. Les pauses déjeuners se faisaient dans la cave des parents. Nos meilleurs alliés étaient la brouette et notre vaillante AX ! Aussi les plants de légumes étaient produits dans un vieux poulailler.

Nous avons vite appris qu’il faut produire des beaux légumes pour pouvoir vendre en magasin bio et ne pas se contenter d'approximations.

Construire une relation de confiance

Dès le départ, on a été avenant avec les clients. On a soigné la relation avec beaucoup d’échanges : on propose, ils testent, ils donnent des retours, on ajuste. On apprend autant qu'on produit.

Le tarif de nos légumes est attractif, de 15 à 20% moins cher que sur les marchés.

On a aussi soigné l’étiquetage, le conditionnement, le calibre et la propreté des légumes, même avec notre petite production.

Christophe : "Venir sans rien à proposer, juste avec des idées ne sert à rien. C'est la proposition directe de produits qui crée la relation avec le client."

Marc, le père de Christophe, avait une approche originale pour vendre ses fromages bio en grande surface : il produisait, livrait, mettait les produits en rayon lui-même, et repartait avec les invendus. Cette proximité avec le client, cette volonté de comprendre leurs besoins, c'est dans l'ADN de la ferme.

Aller chercher les clients

Les nouveaux clients ne sont pas arrivés par hasard. On est allé les chercher. Quand on avait de nouveaux volumes ou de nouvelles variétés, on démarchait de nouveaux magasins, de nouvelles plateformes de distribution.

Un de nos point fort, le rythme de livraison : deux fois par semaine toute l’année !

C'est ce travail de terrain, cette régularité dans la qualité et dans les livraisons, qui nous a permis de construire progressivement un réseau solide de partenaires professionnels.

Aujourd'hui, 10 ans plus tard, on travaille toujours avec plusieurs de ces partenaires historiques. Cette fidélité dit quelque chose sur la qualité de nos légumes, mais aussi sur la relation de confiance qu'on a construite.

Photo baignoire
Photo des débuts
Photo des débuts

10 ans d'évolution

En 10 ans, la ferme a grandi. Pas dans la précipitation, mais de manière réfléchie. 

On a ajouté des tunnels, diversifié les variétés, agrandi l'équipe, structuré le réseau de distribution.

2014 - Les tout débuts
  • 0,5 hectare cultivé
  • 3 serres
  • Premières variétés : pommes de terre, choux, tomates, haricots verts, poivrons, aubergines
2015 - Création du GAEC de Forgues
  • 2 hectares cultivés
  • 8 serres + serre à plants
  • Christophe et Pauline + Jonathan (premier salarié)
  • Naissance de notre première fille
2016
  • Notre première apprentie rejoint l'équipe
  • Don de notre premier camion de livraison par l’oncle de Pauline, un vieux Renault avec hayon
2017
  • Construction du Hangar 1
  • Premier achat d’un camion de livraison
2018
  • Création du premier lac de retenue d’eau de ruissellement
  • Naissance de notre deuxième fille
2019-2020-2021
  • Création de trois nouveaux lacs de retenues au fur à mesure de l’agrandissement de l’exploitation
  • Croissance régulière : environ un demi-hectare de plus chaque année
2020
  • Agrandissement du Hangar 1
2021
  • Ajout de 5 hectares en fermage (prairie permanente en non traité)
  • Début de l'AMAP à Foix (qui durera 3 ans jusqu'en 2024)
  • Naissance de notre troisième fille
2023 - Création de La Maison des Maraîchers
  • Pauline ouvre l'épicerie à Verniolle. Un lieu pour rencontrer directement les consommateurs, expliquer notre travail, et proposer nos légumes avec d'autres produits locaux de qualité.
2024
  • Ajout de 2 serres de 66 mètres et 1 serre de 55 mètres
2025 - Aujourd'hui
  • 11 hectares cultivés
  • 15 personnes en haute saison, 4 CDI
  • 20 partenaires distributeurs en Ariège et alentours
  • Construction du Hangar 2
  • Acquisition d'un camion de livraison de 20 m³

Aujourd'hui : une ferme ancrée dans son territoire

Nous avons la chance de nourrir des centaines de foyers ariégeois via nos 26 partenaires distributeurs et notre épicerie.

On emploie 15 personnes en haute saison qui vivent de ce métier. On maintient un terroir en agriculture biologique depuis plus de 30 ans, enrichi maintenant par notre maraîchage.
C'est une histoire de travail bien fait, de partenaires fidèles, d'une équipe investie, et de terres qu'on a appris à comprendre.

Ce dont est fier
120+ variétés cultivées : on offre de la diversité
Des légumes qui ont du goût
Des partenaires de longue date : certains travaillent avec nous depuis le début
Un impact local : on contribue à l'économie ariégeoise et à l'alimentation locale
Une autonomie en eau grâce aux quatre lacs qui ont été décisifs pour notre développement

Un engagement continu envers les plus fragiles

Depuis toujours, il y a eu une volonté de soutenir les associations. On donne régulièrement des légumes abîmés ou hors calibre, par exemple à la Croix Rouge. Nous limitons le gaspillage par le partage.

Mille mercis à tous ceux qui ont rendu tout ça possible

Une ferme, ça ne se construit pas seul. Derrière ces 10 ans, il y a des dizaines de personnes qui ont cru, soutenu, conseillé, travaillé.

Nous remercions en premier lieu les collectivités territoriales qui nous ont aidés à l’installation au travers la DJA et des subventions pour le matériel.

Nos mentors, Pascal Gautier, Franck Kroonen et bien d’autres, qui nous ont transmis leur savoir au moment où on avait tout à apprendre.

Nos partenaires professionnels, qui nous ont fait confiance dès le début et sont restés fidèles année après année.
Notre équipe : Jonathan, notre premier salarié, et tous ceux qui ont rejoint l'aventure depuis. Les permanents, les saisonniers, les apprentis. Votre travail, c'est ce qui rend tout ça possible.

Marc, qui a passé ces terres en bio il y a plus de 30 ans et nous a montré qu'on pouvait produire autrement.

Et tous ceux qu'on ne peut nommer ici mais qui font partie de l'histoire : prestataires, fournisseurs, clients de La Maison des Maraîchers. Merci !

Et demain ?

On ne cherche pas à devenir une grosse exploitation industrielle. On veut continuer à produire des légumes de qualité, à faire vivre notre équipe correctement, et à nourrir les gens sainement.

Les projets concrets :

On développe de nouvelles cultures : les asperges, les artichauts, les fraises. Toujours dans la même logique de diversification et d'adaptation à notre terroir.

Ce qui ne changera jamais :

"Toujours avoir des bons et beaux légumes, rester dans le respect de l'environnement et des gens."

On reste ce qu'on est : 

Des paysans qui cultivent la terre avec soin, qui ont la chance de travailler avec des partenaires qui partagent notre vision, et qui croient qu'on peut nourrir les gens sainement sans compromettre le vivant.

Poursuivez votre visite en découvrant :

GAEC de Forgues, maraîchage biologique certifié depuis 2015, à Loubens en Ariège.
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